Face à la baisse des taux : faut-il renégocier ou faire racheter son crédit immobilier ?

La baisse continue du taux de credit immobilier depuis le début de l’année 2016 profite largement aux primo-accédants et aux ménages qui souhaitent investir sur la longue durée. Cependant, les personnes qui possèdent un emprunt immobilier en cours ne sont pas perdantes dans cette situation. En effet, afin de réduire le coût de leur prêt immobilier ou encore le montant de leurs mensualités, il leur est possible d’envisager soit la renégociation soit le rachat de leur crédit.

La renégociation de crédit                                 

Quand le taux du credit immobilier baisse comme c’est le cas actuellement, la renégociation peut être la solution afin de profiter également de cette diminution de taux. Il s‘agit de demander à l’établissement prêteur de changer certaines conditions concernant son prêt immobilier. L’emprunteur peut ainsi solliciter une révision à la baisse du taux, une réduction du nombre de mensualités ou encore du montant de celles-ci.

Il faut savoir que plus la relation de l’emprunteur avec sa banque est meilleure, plus la renégociation a de chances d’aboutir. Renégocier n’est pourtant intéressant que si la différence entre le taux d’emprunt et le taux actuel est supérieur à 1 %. Par ailleurs, la durée restante de remboursement du prêt immobilier doit être importante. Les spécialistes estiment que la renégociation est bénéfique durant le premier tiers du crédit. Enfin, le capital restant dû doit tourner au minimum autour de 50 000 à 70 000 euros.

Le rachat de crédit     

La renégociation d’un credit immobilier auprès de sa banque peut toutefois ne pas aboutir sur un accord. Afin de bénéficier de conditions intéressantes, le rachat de crédit constitue une alternative. Concrètement, il s’agit de faire racheter par un autre établissement de crédit tous ses emprunts, y compris l’emprunt immobilier.

Appelé également regroupement de crédit, ce dispositif permet de n’avoir plus qu’un seul prêt en cours, avec une seule mensualité. Cette solution peut cependant faire perdre le bénéfice du taux de prêt immobilier réduit. En effet, il faudra payer des indemnités de remboursement anticipé (IRA) à l’ancien prêteur et également supporter des frais de dossier pour le nouveau crédit tout en souscrivant de nouvelles assurances.

Crédit immobilier : encore en baisse en septembre 2016

La rentrée s’annonce sous forme de baisse en ce qui concerne le crédit immobilier. D’après l’Observatoire du financement CSA/Crédit Logement, la moyenne des taux toutes durées confondues est descendue de 3,22 % à 1,55 % entre décembre 2011 et juillet 2016. Il faut préciser qu’il s’agit du taux moyen hors frais de garanties et assurances. A la fin du mois d’août, Maël Bernier, directrice de la communication du courtier Meilleurtaux.com annonce que trois banques ont déjà annoncé des baisses de leur taux.

Septembre encore marqué par la baisse 

Pour le mois de septembre, les taux continuent encore de baisser. En effet, Sandrine Allonier, directrice des relations banques chez le courtier Vousfinancercom, estime que le taux moyen sur 20 ans est descendu sous la barre de 1,70 % en septembre 2016. Ce taux était pourtant encore à 1,70 % à la fin du mois d’août.

A titre de comparaison, le taux moyen d’un emprunt immobilier hors coût des garanties et assurances sur 15 ans était à 3,45 % en août 2012. Le taux est ensuite descendu à 3,15 % en août 2013, puis 2,70 % en août 2014 et 2,35 % en août 2015. Finalement, en août 2016, l’emprunteur pourra souscrire un emprunt immobilier sur une durée de 15 ans avec seulement un taux de 1,50%. Et il en est de même pour les autres durées, qu’il s’agisse de 20 ans ou 25 ans.

Une guerre commerciale 

Cette diminution quasi-permanente des taux s’explique notamment par la guerre commerciale que se livrent les banques entre elles. Celles-ci se sont en effet fixé des objectifs ambitieux pour l’année 2016. Et comme il reste un trimestre pour les atteindre, elles mettent tout en œuvre pour attirer de nouveaux clients. Offrir un taux de crédit immobilier très bas constitue donc une arme efficace pour y parvenir. Et comme la durée moyenne d’un tel crédit tourne autour de 17,4 ans, la banque espère vendre ses autres produits au client au fil du temps.